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Les ESN doivent être prescriptrices de l’innovation

Par François Bitaudeau, Directeur Innovation et Opérations chez SII Atlantique

Publication: 1er juin

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De même que l’idée reçue qu’un individu utilise environ 30% de ses capacités cérébrales, les entreprises de services numériques ne maîtrisaient jusqu’alors pas l’ensemble des possibilités d’un ordinateur...
 

La révolution des technologies numériques, la transformation digitale leur donnent aujourd’hui l’opportunité unique d’en explorer les possibilités restantes. Elles fournissent de meilleurs outils pour innover et penser de nouveaux usages. Dans un marché informatique ultra concurrentiel, les ESN doivent avoir un coup d’avance et être prescriptrices de l’innovation.

L’innovation des ESN s’accélère

Les ESN ont toujours eu affaire à l’innovation. Elle est inscrite dans leur ADN. Il y a encore vingt ans, le marché de l’innovation n’était pas un sujet et restait la chasse gardée de quelques grandes entreprises et laboratoires universitaires.

Depuis les années 2010 pourtant, l’innovation portée par les mutations sociales s’est considérablement accélérée. C’est à cette période que l’usage du numérique explose et fait émerger de nouveaux usages, de nouveaux acteurs ainsi que de nouvelles possibilités technologiques dont l’analyse de la data est sans doute l’une des plus marquantes.

Devenir prescripteur de l’innovation

Dans ce cadre, les ESN ont dû faire face à de multiples enjeux en matière d’innovation. Le premier est un enjeu de compétitivité. Pour ne pas se laisser distancer, il leur faut répondre présent, rester au niveau du marché. Tous les jours, elles font face par exemple à de nouvelles librairies de programmation qui apparaissent : certaines dureront et deviendront incontournables, d’autres disparaitront dans les mois qui suivent. Il faut rapidement les sélectionner, les tester, en explorer et imaginer les usages futurs. Si elles ne suivent pas ce mouvement perpétuel, les ESN risquent de perdre en efficacité et en compétitivité. L’anticiper leur permet de s’adapter, s’organiser et proposer.

Le deuxième enjeu est un enjeu d’attractivité. Une société qui croît et se développe est nécessairement une société attrayante dans un marché de l’emploi complexe et en tension. Les ESN doivent dessiner les compétences de demain pour attirer les talents. C’est dans ce sens que les ESN doivent devenir prescriptrices de l’innovation et être actrices des tendances technologiques à venir. Les ingénieurs doivent prospecter pour mettre au jour de nouvelles technologies dont personne n’a encore entendu parler ni peut-être même rêvé, et rendre accessible la promesse de « créer le futur » en rejoignant le secteur.

Une évolution culturelle

Discrète à ses débuts, la France n’a pas à rougir en la matière. Le virage de l’innovation a bien été entamé par les entreprises françaises. Le pays a développé une R&D et des formations performantes. Le label FrenchTech est mondialement reconnu et a marqué les esprits notamment pour ce qui est de la réalité virtuelle et augmentée, des FinTech ou encore des usages autour des objets connectés.

Mais une évolution culturelle reste encore à mener dans le monde du numérique français. Il lui faut apprendre à sortir des modèles classiques, à repenser différement les outils et les parcours utilisateurs. Il faut, en cela, déplacer notre approche de l’ordinateur vers l’humain. Force est de constater que nous raisonnons encore trop nos usages sur la base de modèles historiques prédéfinis et immobiles. Il faudrait aujourd’hui prendre en compte la complexité d’un être humain afin que les systèmes numériques sachent mieux s’adapter à la diversité des utilisateurs, à l’évolutivité de leurs usages et à l’immédiateté du besoin ; autrement dit, élargir le champ des possibles. La question à se poser aujourd’hui n’est plus : « J’ai besoin de faire quelque chose, comment utiliser l’ordinateur ? » mais bien davantage : « Pourquoi j’utiliserais l’ordinateur ? Dans quel but et pour quelle valeur ? »

http://www.groupe-sii.com/

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