
Avec la transformation de la filière automobile, le métier d’ingénieur évolue lui aussi en profondeur. Électrification, software, intelligence embarquée, décarbonation : le véhicule concentre désormais des technologies et des contraintes qui dépassent largement les problématiques traditionnelles des constructeurs et équipementiers. Avec, en parallèle, un enjeu industriel majeur : quelles compétences et quelles technologies l’industrie française et européenne doit-elle maîtriser pour continuer à innover ?
À l’ESTACA, cette transformation fait évoluer la manière de former les ingénieurs. Antoine Verrier, Responsable Filière Automobile - Automotive Division Supervisor à l’ESTACA, accompagne cette évolution et peut notamment décrypter les nouvelles compétences attendues dans un secteur où l’ingénieur doit désormais conjuguer expertise technique, innovation et capacité à porter ses projets.
La complexité du véhicule est désormais considérable. Pour l’illustrer, Antoine Verrier évoque jusqu’à 100 millions de lignes de code nécessaires au fonctionnement d’une voiture, contre environ 10 millions pour faire voler un avion. À cette complexité logicielle s’ajoutent les exigences de sécurité et la multiplication des fonctions embarquées.
Dans le même temps, les constructeurs doivent relever plusieurs défis : décarbonation, nouvelles énergies, software-defined vehicle, accessibilité, recyclage… Derrière ces choix technologiques se joue aussi une bataille industrielle : pour les ingénieurs français et européens, il s’agit de maîtriser les technologies clés et de préserver la capacité d’innovation du secteur.
Cette transformation fait aussi évoluer la formation. « L’ingénieur doit avoir une vision plus large des enjeux du secteur, mais aussi savoir défendre son innovation et convaincre pour la faire aboutir », souligne Antoine Verrier.
Pour décrypter concrètement cette évolution du métier, nous vous proposons un double regard : un échange avec Antoine Verrier et une rencontre avec les étudiants de l’ESTACA Formula Student.
Association historique de l’école, la Formula Student permet aux étudiants de passer de la théorie à la pratique : ils conçoivent leur propre monoplace, font des choix techniques, travaillent avec un budget, recherchent des partenaires et défendent leurs décisions. Un terrain concret pour observer comment se construit cette nouvelle figure de l’ingénieur, à la croisée de la technique, de l’innovation, des contraintes économiques et du travail collectif.