Par Laurent BODIN, Directeur Général du Groupe CIMULEC
Nos usines du groupe CIMULEC, constatent effectivement depuis plusieurs semaines des tensions sur la chaine des approvisionnements en matériaux pour les circuits imprimés. Ces tensions sont liées à plusieurs facteurs et touchent l’intégralité des matériaux utilisés par les fabricants de circuits imprimés : stratifiés, pré-imprégnés, feuillard de cuivre ou encore laminés souples pour la fabrication des flex-rigides. Le tout dans un marché en forte croissance. Ces tensions ne sont pas spécifiques au marché des PCB en France, elles sont présentes au niveau international et touchent l’ensemble de la filière circuits imprimés, quel que soit le continent ou le pays. L’Europe et la France sont particulièrement touchés car nous n’avons plus ou très peu de sources locales pour répondre à nos besoins. La fermeture récente de l’usine Panasonic en Europe ne fait qu’exacerber des tensions qui auraient existées dans tous les cas.
Les principaux contributeurs de cette crise sont liés aux fortes demandes pour répondre aux besoins gargantuesques de l’IA, d’un segment défense qui a besoin de (re)constituer des stocks avec une très forte dynamique, probablement durable, de la demande et enfin d’une situation géopolitique internationale qui chahutent fortement les flux et les disponibilités d’une économie mondiale globalisée.
Nos fournisseurs de matières investissent pour augmenter leurs capacités mais nous sommes sur des temps longs (18 à 24 mois) et une condition de réussite reste la disponibilité des intrants (tissus de verre, résine et feuillard de cuivre) qui doivent également être en capacité de suivre des besoins marché à un niveau inédit.
Au niveau des fabricants de circuits imprimés, il est extrêmement difficile d’évaluer le niveau de risques et son impact sur nos activités et la demande de nos clients. Nous avons néanmoins la certitude que, sauf un retournement rapide de la demande (jugé peu probable) ces tensions vont perdurer et nécessitent une communication anticipée avec la plus grande visibilité possible de la part de nos clients.
De manière évidente, ces tensions de sources internationales vont impacter le marché des PCB en France, en forte croissance depuis 2023 et au moins jusqu’au début des années 2030, que ce soit en termes d’approvisionnement ou de prix.
La France n’a pas les moyens de traiter à elle seul ce sujet qui doit être pris en compte au niveau européen et dans sa globalité.